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• Séminaires de recherches

Séminaire de l'équipe Littérature et Idée

- Poétique du sujet

Responsable : Camille Dumoulié
Camille.dumoulie@free.fr

La question du sujet semble appartenir en propre à la philosophie et aux sciences humaines. Pourtant, l´élaboration de ce concept a pris, dans la philosophie même, un tour bien littéraire. Depuis les dialogues platoniciens qui dressent le plan sur lequel viendra s´inscrire la notion moderne de sujet,
jusqu´à l´invention du Cogito cartésien et à ses déconstructions postmodernes, ce sont autant d´histoires, de stratégies, de mises en forme qui constituent une véritable poétique, entendue comme construction et création esthétiques. Et lorsque Lacan veut donner figure au sujet de l´inconscient, il en cherche les traits dans les grands textes littéraires. C´est dire que la littérature, à travers l´expérience poétique et le lyrisme en particulier, la fiction et le dialogisme romanesques, par l´écriture de soi et la fabrique des personnages, dans la dramaturgie du tragique, de la fureur ou de l´absurde, fut, tout autant que la philosophie, et peut-être même, avant elle, le champ d´élaboration poétique du sujet, la scène de ses exploits, de ses échecs, de ses illusions perdues. Reste à savoir s´il s´agit du même sujet, ou encore si la littérature ne tend pas au sujet philosophique un miroir de sorcière où il se contemple au risque de perdre son âme.

Séminaire de l'équipe Mythopoétique

Responsable : Véronique Gély
veronique.gely@wanadoo.fr

- Modernités antiques

La littérature occidentale (1910-1950) et les mythes gréco-romains

Au tournant des années 20-30, à propos de l’Orphée de Cocteau et de l’Œdipe de Gide, W. Benjamin remarquait la « modernisation » par « de grands artistes, ou du moins des artistes réfléchis » (Picasso, Stravinsky, Cocteau…) des œuvres du passé, particulièrement des « œuvres grecques », et discutait le label de « néo-classicisme » qui leur était attribué.

De fait, la première moitié du XXe siècle a vu un incontestable développement des reprises et réécritures de grands mythes gréco-romains, en même temps que s’affirmaient les avant-gardes. Le théâtre n’est pas seul concerné, mais aussi la prose romanesque et la poésie. Parler à propos de ces textes de « néo-classicisme », comme on le fait couramment, semble impliquer que ce recours à l’antique serait une réaction, voire un réflexe « d’arrière-garde ». Or cette production présente une diversité très grande, et a souvent constitué au contraire le support de remises en question radicales des catégories narratives ou poétiques comme dans le cas des Mamelles de Tirésias d’Apollinaire, de Ulysses de Joyce, de The Waste Land de T. S. Eliot pour ne citer que quelques exemples. Les enjeux esthétiques de ces œuvres restent à définir à l’échelle non seulement des littératures nationales, mais dans l’ensemble du monde occidental.

Ils ne peuvent l’être que si sont prises en compte en même temps les implications idéologiques et philosophiques de ce même phénomène. La Grèce dans l’Allemagne nazie, Rome dans l’Italie fasciste, le « mythe » et le « sacré » dans la pensée de leurs théoriciens ne revêtent évidemment pas les mêmes significations que pour des défenseurs de l’humanisme et de la démocratie. Et l’on ne peut plus parler de la même façon de Dionysos, d’Apollon et d’Œdipe après Nietzsche et Freud.

Quelles idées de l’homme, de la cité et de l’art sont en cause et en jeu lorsque des modernes reviennent à la matière des mythes antiques ? Telles seront les questions posées dans ce séminaire de recherches.

En association avec le Centre de Recherche sur les Nouveaux Espaces Littéraires de Paris 13 (équipe « Modernités et Ruptures »)
Anne Tomiche (Annetomiche@aol.com)

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Séminaire de l’équipe Poétique du récit

Responsable : Karen Haddad-Wotling
karen.haddad-wotling@wanadoo.fr

- De l’incertitude en Littérature

« Ce monde-ci, dictionnaire hiéroglyphique » écrit Baudelaire dans l’Art romantique : s’il est bien entendu que la littérature dans son sens moderne est conçue comme déchiffrement des signes et mise en forme, voire invention du réel, elle devient tout autant le lieu même de l’incertitude ou de l’indétermination; c’est ce principe d'incertitude qu’on se propose d’explorer lors de ce séminaire : indétermination générique et formelle qui amènera à aborder des textes au statut incertain, aux frontières du roman (autobiographie/fiction...) ; incertitude sur la question de la valeur esthétique ou éthique, ou de la littérarité ; incertitude du sens soit par prolifération des signes (récits contradictoires, récits non-fiables, polyphonie, discours emboîtés), soit par pauvreté (écriture du ressassement…). L’approche comparatiste des œuvres est précisément, ce qui, brouillant les frontières établies entre littératures nationales, permet de faire surgir, de manière sans doute plus frappante ce principe d’incertitude.

- Recherches sur la littérature russe : autour de l’équipe Poétique du récit, on se propose de réunir à la fois des comparatistes et des slavisants, voire des spécialistes d’histoire et de civilisation, pour travailler de manière transversale sur la littérature russe des XIXème et XXème siècles : référence voire modèle théorique et littéraire pour les écrivains et critiques du monde entier jusqu’au milieu du XXème siècle, elle est sans aucun doute moins connue et étudiée depuis trente ans. Dans cette optique, on s’intéressera non seulement au récit, mais aussi à la poésie et au théâtre russes, toujours considérés dans leur dialogue avec les littératures et les idées européennes.

 

Littérature et Poétique comparées - Université de Paris X-Nanterre, UFR LLphi, Bât. L, 200 avenue de la République, 92001 Nanterre Cedex