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• Séminaires
de master
Programme des séminaires de Master,
pour l’année 2008/2009, assurés par les enseignants du
Centre de recherches Littérature et Poétique comparées
Salle R5 du bâtiment L
LMLIC 211
Entre Europe et Islam : Le Fou d’Elsa & Medjnoun Layla
Aragon reprend le projet de Goethe qui consiste à créer une oeuvre poétique en s’inspirant d’une matière extraite des gisements européens, arabes et persans. Il ranime le mythe littéraire de l’amour fou né dans la Péninsule Arabique à la fin du VIIe siècle et illustré par le couple légendaire de Medjnoun et Layla. Ainsi les références se mêlent, entre ce que, de l’Espagne musulmane, a pu être répercuté en langue française (de Chateaubriand à Barrès) comme en langue espagnole (Federico Garcia Lorca), anglaise (Washington Irving) ou même russe (Mikhaïl Svetlov). A cela s’ajoute la ranimation du mythe arabique du Medjnoun chez les lyriques persans (notamment Nezamî, XIIe s. et surtout Djamî, XVe s.). Nous analyserons la polyphonie de l’œuvre, le mélange des genres (le poème frôle la philosophie, la mystique, la théologie, la chronique, les formes romanesque et théâtrale) et le test de prosodies d’origines diverses (romanes, arabes, persanes). Les temps et les siècles aussi se télescopent à travers une fiction située à la veille de la chute de Grenade (1492) mais où apparaissent les évènements du XXe siècle (guerre civile en Espagne, occupation et résistance en France, guerre d’Algérie). L’horizon de l’œuvre finit par se concentrer sur la notion d’avenir et sur une méditation autour du thème du déclin sollicitant aussi bien les communautés que les individus, en cheminant à travers « les forêts d’Islam et d’Europe ».
Bibliographie
Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, Gallimard, 1963et en poche Poésie/Gallimard, 2002
Le Rêve de Grenade, Aragon et le Fou d’Elsa, Actes du colloque de Grenade 14-16 avril 1994, Publications de l’Université de Provence, 1996
Majnûn, Le Fou de Laylâ, Le Divan, traduction intégrale de l’arabe, présentée et annotée par André Miquel, Sindbad/Actes Sud, 2003
Washington Irving, La Conquête de Grenade, 1829
André Miquel et Percy Kemp, Majnûn et Laylâ : l’amour fou, Sindbad/Actes Sud, 1984
André Miquel, Deux histoires d’amour, de Majnûn à Tristan, Odile Jacob, 1996
LMLIC 221
L’imaginaire de la Terreur : littérature et cinéma.
M. Philippe Zard
(jeudi 14-17h, une semaine sur 2, salle R5)
La Révolution française n’est pas un événement historique parmi d’autres : c’est aussi un mythe fondateur des temps modernes. Nous montrerons comment la littérature et le cinéma européens se sont emparés de l’événement en faisant jouer toutes sortes de résonances avec d’autres expériences politiques et nationales. On s’attachera tout particulièrement à l’épisode le plus critique de la Révolution : celui la Terreur. Qu’on songe à la fascination exercée par la guillotine - la mort « mécanique » - ou par le Tribunal révolutionnaire ; qu’on songe à l’effroi qu’inspirèrent les « massacres de septembre », aux polémiques sur la « guerre de Vendée » ou aux clivages politiques que n’ont cessé d’inspirer les luttes « fratricides » de Robespierre, Danton et Marat. Présentée par les uns comme une sombre nécessité imposée par les « circonstances », par les autres comme la préfiguration du totalitarisme moderne, par d’autres enfin comme une régression vers la barbarie, la Terreur révolutionnaire a été un inépuisable gisement imaginaire pour les écrivains et les cinéastes.
Au cours du séminaire seront mentionnées ou examinées des œuvres narratives (de Sade, Balzac, Hugo, Dickens, Anatole France, Anna Seghers, Alejo Carpentier....), dramatiques (de Georg Büchner, Victorien Sardou, Romain Rolland, Arthur Schnitzler, Peter Weiss, Jean Anouilh, Heiner Müller, Peter Weiss...), ou cinématographiques (Abel Gance, Griffith, Wajda, Rohmer…). Une liste plus complète sera fournie en cours. Ces œuvres pourront l’objet de dossiers ou d’exposés de la part des étudiants pour la validation du séminaire.
LMLIC 222
« Mythes bibliques au XXe siècle : les villes maudites »
Mme Sylvie Parizet
Au cours de ce séminaire, on soulignera l’importance des mythes d’origine biblique dans la littérature moderne. Il importe de préciser qu’aucune connaissance particulière de la Bible n’est requise pour suivre cet enseignement : on s’attachera d’abord à présenter ce texte fondateur de la culture occidentale, pour examiner seulement ensuite les enjeux des réécritures littéraires étudiées.
En analysant plus particulièrement certaines reprises du topos de la ville maudite au XXe siècle (chez Dos Passos, Proust, Alfred Döblin, Céline, Giraudoux, Butor, Paul Auster…), on montrera la façon dont les écrivains utilisent des références bibliques pour en modifier, enrichir, détourner ou même renverser le sens. On comprendra ainsi l’importance de la figure de Caïn (fondateur de la première ville) et celle de récits mythiques comme l’abandon de la Tour de Babel/Babylone (Babel et Babylone sont un seul et même mot dans le texte hébreu), la destruction spectaculaire de Sodome et Gomorrhe ou la conversion des habitants de Ninive. On verra également la façon dont cette malédiction qui pèse sur la ville repose, en creux, sur la force mythique de deux autres épisodes : le Jardin d’Eden et la Jérusalem céleste — de la Genèse à l’Apocalypse.
La liste des œuvres proposées est indicative : certaines seront rapidement évoquées, d’autres plus longuement étudiées. Il sera également possible, en concertation avec les étudiants qui suivent le séminaire, d’aborder d’autres œuvres, moins connues, sous forme d’extraits fournis en cours.
Bibliographie indicative :
John Dos Passos, Manhattan Transfer [1925],Gallimard, Folio n°825, traduction de M.-E. Coindreau.
Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz [1929], Gallimard, Folio n°1239, traduction de Zoya Motchane.
Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit [1932], Gallimard, Folio plus n°17.
Jean Giraudoux, Sodome et Gomorrhe [1943], dans Théâtre complet, Le Livre de poche.
Michel Butor, L’Emploi du temps, éditions de Minuit, 1956.
Paul Auster, City of Glass [1985]dans The New York Trilogy.Cité de verre dans Trilogie new-yorkaise, traduit de l’américain par Pierre Furlan, Actes Sud, collection « Babel ».
Ce séminaire aura lieu le mardi, de 10 heures à 13 heures, tous les quinze jours, au second semestre.
Les mémoires de maîtrise pourront porter sur les réécritures de mythes bibliques ou antiques aux XIXe, XXe et XXIe siècles, mais aussi sur d’autres sujets de littérature comparée. Pour proposer ou choisir un sujet, prendre contact avec Sylvie Parizet, au 01 47 48 13 61 ou sparizet@club-internet.fr.
LMLIC212 Littérature et opéra
INTERACTIONS ARTISTIQUES : SHAKESPEARE A L’OPERA AU XIXe siècle
M. Emmanuel Reibel
Dans la continuité du premier semestre, ce séminaire approfondira les relations entre littérature et opéra du point de vue des interactions artistiques. On s’interrogera sur la réception de Shakespeare au XIXe siècle et on étudiera le devenir à l’opéra des grands drames shakespeariens au cœur du romantisme européen. Pas un musicien n’évite alors le sujet : Rossini (Otello), Bellini (I Capuleti e i Montecchi), Verdi (Macbeth, Otello, Falstaff), mais aussi Berlioz (Béatrice et Bénédict), Gounod (Roméo et Juliette) ou Ambroise Thomas (Hamlet), pour ne citer qu’eux. On travaillera notamment autour de la production de Macbeth donnée à l’Opéra de Paris, et d’autres séances de travail ou répétitions générales seront ouvertes aux étudiants, au Théâtre du Châtelet ou à l’Opéra-Comique, partenaires de ce séminaire. Une bibliographie spécifique sera distribuée en début de semestre.
Jeudi, 10h30-13h30, salle R5, bâtiment L |