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Mémoires, histoire et
imaginaires de l’exil brésilien en France
Colloque international : 23-24-25 novembre 2005
Nanterre & Paris
Ce colloque a pour thème
l’exil brésilien en France. Principalement centré
sur les années des gouvernements militaires, il prendra
soin de mettre en perspective cet exil dans une tradition
bien établie depuis la proclamation de la République
en 1889 et l’exil de l’empereur en France.
En avril 1964, un coup d’Etat militaire renversait le
gouvernement brésilien et son président légitimement
élu, João Goulart. De 1964 à 1968, par
étapes successives, se met en place un régime
dictatorial qui suspend les garanties constitutionnelles,
annule le mandat de nombreux élus, interdit partis
et syndicats, généralise la censure et la surveillance
de la société, réprime, enfin, la liberté
d’agir et de penser avec une violence qui inclut la
pratique de la torture. Ce régime se maintient au pouvoir
jusqu’en 1984 ; cependant, en 1979, à la
suite d’une évolution du régime, le vote
de la Loi d’Amnistie permet le retour au pays de la
plupart des exilés. Ces années sont pour bien
des Brésiliens politiquement ou socialement engagés,
des années d’exil pour sauver leur vie ou, du
moins, conserver leur liberté de vivre, de penser et
de s’exprimer. Dès 1964 et surtout après
1968, année de durcissement du régime, des Brésiliens
sont partis vers la France ou d’autres pays européens
ou latino-américains, en particulier le Chili, alors
présidé par Salvador Allende. Le coup d’Etat
des militaires chiliens, en 1973, amena en Europe une nouvelle
vague d’exilés brésiliens.
Aujourd’hui, alors que le Brésil
est pleinement redevenu une démocratie et que le souvenir
de la dictature militaire tend à s’estomper,
le moment semble propice, à l’occasion de cette
Saison brésilienne 2005 en France, à un retour
sur ce moment de l’histoire encore proche où
Brésiliens et Français se sont côtoyés,
se sont connus de plus près, pour en évaluer
l’importance historique et mémorielle, ainsi
que les conséquences dans la connaissance mutuelle
des deux pays et dans la vie politique, sociale et culturelle
du Brésil.
L’approche de cette mémoire
de l’exil se situe au croisement de perspectives
disciplinaires et méthodologiques plurielles
et tend à proposer un bilan de ce douloureux épisode
de l’histoire du Brésil. Le colloque privilégie
les axes suivants :
- L’exil vécu : exil subi ou
choisi, après 1964, exilés et émigrés,
la géographie de l’exil, les conditions de vie
en France et l’accueil de la société française,
le retour ou le non-retour ;
- L’activité politique en exil :
les coopérations policières, les liens avec
le Brésil et, à partir de 1974, le Portugal
et les pays africains, les liens avec les gauches européennes,
la découverte/redécouverte des valeurs démocratiques,
la comparaison des exils latino-américains, la génération
de l’exil et le pouvoir politique au Brésil aujourd’hui
;
- La dimension personnelle, sociale et sexuelle
: l’exil des artistes, les femmes en exil et le féminisme,
les mariages mixtes, la reconnaissance de l’homosexualité,
les associations, etc.
- Mémoires et imaginaires : mémoires
et récits de vie : oralité et écriture ;
une littérature née de l’exil, les représentations
théâtrales et cinématographiques.
Le colloque prévoit la présence
de grands témoins, l’organisation de tables-rondes
avec la participation de nombreux spécialistes brésiliens
et français, une exposition d’archives à
la BDIC et la projection de films. Les communications seront
présentées de préférence en français
(ou en portugais), sans traduction simultanée ou différée.
Les débats pourront être bilingues.
Le programme sera disponible en octobre 2005.
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